Des milliers de candidats pour dix postes : est-ce vraiment plus d’emplois qui sauveront les Sénégalais ?
Aujourd’hui, une scène a de nouveau illustré la détresse sociale du pays : lors d’un recrutement organisé par Dio Dio Glow Skin, des milliers de candidats se sont présentés pour à peine une dizaine de postes disponibles.
Une image saisissante, relayée partout sur les réseaux, qui a relancé le débat sur le manque d’emplois au Sénégal.
Mais une question s’impose : est-ce vraiment la création d’emplois qui réglera la situation et aidera les populations ?
Pas vraiment.
Le vrai problème : le coût de la vie et la faiblesse des salaires
Oui, le Sénégal manque d’emplois. Mais le problème fondamental va bien au-delà : même lorsqu’on travaille, on ne vit pas mieux.
Le coût de la vie a explosé, tandis que les salaires sont restés inchangés.
Comment vivre dignement à Dakar avec 150 000 francs CFA par mois, quand une simple chambre se loue 80 000 francs ?t
Entre le transport, l’électricité, la nourriture et les dépenses quotidiennes, le salaire est déjà épuisé avant la fin du mois.
Pour ceux qui louent un logement — et ne vivent pas dans une maison familiale —, les charges peuvent dépasser 300 000 francs CFA mensuels.
Résultat : les Sénégalais travaillent pour survivre, pas pour vivre.
Travailler ne suffit plus à vivre
Créer plus d’emplois sans augmenter les salaires ni réguler le coût de la vie reviendrait à déplacer le problème plutôt qu’à le résoudre.
Le véritable enjeu n’est pas seulement de donner du travail, mais de redonner de la valeur au travail.
Tant que le pouvoir d’achat restera faible face à une vie hors de prix, les foules se presseront à chaque recrutement — non pas par ambition, mais par nécessité.
Aujourd’hui, au Sénégal, avoir un emploi ne garantit plus une vie décente.
C’est là le vrai drame : un pays où le travail ne protège plus de la précarité.
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