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Démantèlement d’un réseau présumé d’homosexuels : ce que l’on sait des arrestations de Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé

février 7, 2026 7 min de lecture

Contexte : une enquête sur un réseau présumé d’homosexuels

Depuis le début de février 2026, la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar, à Dakar, mène une vaste enquête visant à démanteler un réseau présumé d’homosexuels. Plusieurs médias sénégalais rapportent qu’une douzaine de personnes ont été interpellées. Selon Seneweb, sept des personnes arrêtées seraient séropositives, et les suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/sida et mise en danger de la vie d’autrui. Le procureur de Pikine‑Guédiawaye a été informé et l’enquête est toujours en cours.

Au Sénégal, les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont interdites par l’article 319 du Code pénal. Cette disposition criminalise les « actes contre nature » entre personnes de même sexe et prévoit une peine maximale de cinq ans de prison et une amende. Le projet de loi déposé en 2024 pour porter ces peines jusqu’à dix voire quinze ans n’a pas été adopté. Le transfert volontaire du VIH est aussi sanctionné par des lois spécifiques, qui prévoient des peines de prison et de fortes amendes. Ce contexte légal explique la sévérité de l’enquête.

Pape Cheikh Diallo : un animateur de TFM au cœur de l’affaire

Le 7 février 2026, Seneweb a révélé l’arrestation du présentateur Pape Cheikh Diallo, animateur de l’émission « Quartier Général » sur TFM. L’article indique que la BR de Keur Massar a interpellé l’animateur, âgé de 44 ans et de son vrai nom Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, après qu’il a été dénoncé par le banquier Doudou Lamine Dieng. Ce dernier, arrêté auparavant, a déclaré aux enquêteurs qu’il vivait en couple avec l’animateur, amenant les gendarmes à l’arrêter. Selon Seneweb, lors de l’interrogatoire, Pape Cheikh Diallo aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés.

Le site Senego, citant les mêmes sources, précise que les gendarmes ont arrêté douze personnes et que sept d’entre elles seraient séropositives. Pape Cheikh Diallo fait partie des suspects placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, actes contre nature et mise en danger de la vie d’autrui. Sa détention a choqué ses collègues et provoqué un vif débat au Sénégal, où l’homosexualité demeure un sujet hautement sensible.

Djiby Dramé : l’artiste également interpellé

Quelques heures après l’annonce de l’arrestation de Pape Cheikh Diallo, une nouvelle interpellation frappe l’opinion. Selon Seneweb, l’artiste‑chanteur Djiby Dramé fait partie des douze personnes interpellées dans cette affaire. Le site indique qu’il est en garde à vue depuis le vendredi 6 février. L’arrestation de Djiby Dramé fait suite à l’exploitation du téléphone d’un autre suspect, Mamadou Gningue, qui aurait désigné le chanteur comme son partenaire, selon Xalima. Les investigations visent à déterminer son rôle dans le réseau présuméxalimasn.com.

Le site Senego, s’appuyant sur Seneweb et le journal Libération, confirme que Djiby Dramé a été interpellé par les gendarmes et placé en garde à vue. Cette nouvelle arrestation souligne le caractère tentaculaire de l’enquête, qui touche des personnalités médiatiques et artistiques. Xalima explique que les enquêteurs cherchent à comprendre les liens entre plusieurs suspects, notamment Doudou Lamine Dieng, Mamadou Gningue et Djiby Dramé

Déroulement de l’enquête et charges retenues

Les médias locaux évoquent une affaire complexe impliquant des actes contre nature, une transmission volontaire du VIH et une mise en danger de la vie d’autrui.

  • Douze arrestations : Selon Seneweb et Senego, la BR de Keur Massar a arrêté au total douze individus, dont sept porteurs du VIH/sida.

  • Dénonciation et aveux : Le banquier Doudou Lamine Dieng aurait dénoncé Pape Cheikh Diallo, affirmant qu’ils formaient un couple. Selon Seneweb, le présentateur aurait reconnu les faits pendant sa garde à vue.

  • Transmission volontaire du VIH : La loi sénégalaise punit la transmission volontaire du virus par des peines de prison et de fortes amendes. Xalima souligne que cette accusation est au cœur de l’enquête, car plusieurs suspects sont séropositifsxalimasn.com.

  • Présomption d’innocence : Les articles rappellent que malgré l’émotion suscitée par ces arrestations, toutes les personnes interpellées restent présumées innocentes jusqu’à la conclusion de l’enquête et d’éventuels procèsxalimasn.com.

Réactions médiatiques et sociales

L’affaire a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans la presse. Les commentaires reflètent une société divisée : certains appellent à une criminalisation plus sévère de l’homosexualité, tandis que d’autres évoquent le respect de la vie privée et la nécessité de renforcer la prévention du VIH. La sévérité des propos dans certains commentaires rappelle l’hostilité dont sont victimes les personnes LGBT au Sénégal.

La médiatisation des arrestations a également relancé le débat sur la protection des données personnelles et la dignité des personnes mises en cause. Des voix s’élèvent pour dénoncer un “procès médiatique” mené avant même la fin de l’enquête. Certaines organisations de défense des droits humains rappellent que les lois pénalisant les relations entre personnes de même sexe et la transmission volontaire du VIH peuvent conduire à des arrestations arbitraires et à des violations de la vie privée.

Cadre juridique sénégalais

Le Sénégal maintient une législation répressive envers les minorités sexuelles. L’article 319 du Code pénal criminalise les « actes contre nature » entre personnes de même sexe et prévoit une peine pouvant atteindre cinq ans de prison et une amende. Cette loi, adoptée en 1965, est régulièrement appliquée ; l’ONG Human Dignity Trust note qu’il existe de nombreuses arrestations et détentions liées à cette disposition.

En parallèle, une loi spécifique sanctionne la transmission volontaire du VIH. Les textes prévoient des peines de prison ferme et de lourdes amendes lorsqu’une personne séropositive transmet intentionnellement le virus à autrui. Cette loi, adoptée pour protéger la santé publique, fait toutefois l’objet de critiques : certaines ONG estiment qu’elle stigmatiserait les personnes vivant avec le VIH et pourrait dissuader du dépistage volontaire.

L’arrestation de Pape Cheikh Diallo et de Djiby Dramé s’inscrit dans une enquête d’envergure visant à démanteler un réseau présumé d’homosexuels accusés d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH. Les faits rapportés indiquent que la BR de Keur Massar a interpellé douze personnes, dont des personnalités médiatiques et artistiques, et que l’enquête se poursuit sous la supervision du procureur.

Cette affaire met en lumière la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal et soulève des interrogations sur le respect des droits humains et l’efficacité des politiques de lutte contre le VIH. Au-delà des polémiques, il est essentiel de rappeler la présomption d’innocence des personnes concernées et d’attendre l’issue de la procédure judiciaire avant de tirer des conclusions définitives.

Alerte Senegal

Rédacteur sur la plateforme Alerte Sénégal.

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